LÕEsprance de Nomi
Le livre de Ruth est considr par beaucoup comme une oasis dans
le dsert. Le dsert tant, bien sr, toutes les histoires de violence et de
malheur qui se trouvent dans le livre des juges.
Rt 1.1 : Au temps du gouvernement des juges, il y eut une famine dans le pays. Un homme de Bethlhem de Juda partit, avec sa femme et ses deux fils, pour sjourner dans la campagne de Moab.
Dborah finit avec un cantique concernant la mort du gnral des
armes trangresÉ
Į DÕune main elle a saisi le pieu,
Et de sa droite le marteau des travailleurs ;
Elle a martel Sisera, lui a fendu la tte
Fracass et transperc la tempe.
Aux pieds (de Yal) il est sÕest affaiss,
Il est tomb, il sÕest couch
A ses pieds il sÕest affaiss, il est tomb ;
L o il sÕest affaiss, l il est tomb raide mort Č (Jg 5.26-27).
Gdon finit par crer une idole et, aprs sa mort, un enfant
illgitime massacra les 70 fils de Gdon.
LÕhistoire de Jepht termine avec le sacrifice de son enfant
unique, une fille.
LÕhistoire de Samson finit par sa propre destruction et la
vengeance (une fin prcipite par sa vie de dbauche et dÕimmoralit
sexuelleÉ).
Cette priode est marque par lÕabsence de toute autorit en
Isral. Je nÕentrerai pas dans les dtails car ce nÕest pas au got de tout le
monde, et il faut expliquer les vnements plutt que les dcrire. Mais nous
trouvons les pchs / difficults suivants :
á Problmes
conjugaux.
á Manque
dÕhospitalit.
á Une
scne directe de Į Sodome / Gomorrhe Č.
á Barbarisme.
á Quasi-destruction
dÕune tribu.
á Massacre
dÕune ville entire pour kidnapper les vierges de la ville.
á Kidnapping
de 200 autres filles pour femmes des Benjaminites.
Notre socit vit des difficults aussi. En janvier-fvrier 2006
il y a :
á Naufrages
(1000 morts dans la mer Rouge).
á On
dessine des caricatures au Danemark et lÕon tue des gens au Liban.
á pidmies
(gripe aviaire).
á Guerres
inutiles.
Et cÕest certain que chaque poque ces propres catastrophes.
Dans lÕhistoire de Nomi et de Ruth, nous avons une histoire pour tous les ges
car cÕest une histoire de recherche dÕesprance et dÕune vie meilleure. CÕest
une description de la vie dans un monde de confusion. (CÕest comme notre
monde !)
Elimlek dcide de partir pour Moab avec sa femme et leurs deux
fils. (Moab se trouve lÕest de la mer morte).
1.2 : Le nom de cet homme tait limlek, le nom de sa femme Nomi et le nom de ses deux fils Mahln et Kilyn ; (ils taient) phratiens, de Bethlhem de Juda. Ils arrivrent dans la campagne de Moab et ils y vcurent.
Pourquoi ce dracinement ? CÕest une ncessit pour une
socit agronome et lÕesprance dÕune vie meilleure au niveau matrielle. Mais,
leur esprance est de courte dure. limlek meurt.
3 Puis limlek, mari de Nomi, mourut, et elle resta avec ses
deux fils.
1.4 : [Mahln et Kilyn] pousrent des femmes moabites. Le nom de la premire tait Orpa et le nom de la seconde Ruth. Ils habitrent l environ dix ans.
Kilyn sÕest mari avec Orpa. Mahln avec Ruth. Mais dans ces
relations dÕamour, dans lesquelles on devrait, srement, trouver de
lÕesprance, la mort fait son entre. Et lÕesprance est crase dÕune manire
brutale et sans piti.
1.5 : Mahln et Kilyn moururent aussi tous les deux, et la femme [Nomi] resta, prive de ses deux enfants et de son mari.
CÕest une information un peu sche et trop Į flash Č, comme les titres sur le TSR, mais quel dsespoir !
Nomi dcide de rentrer Bethlhem. (Il y a du Į pain Č dans la Į maison du pain Č, cÕest--dire, Bethlhem). Elle dit ces belles-filles de retourner la maison de leur mre, car elle nÕa pas dÕautre fils qui peut servir de Į Rdempteur Č. (Selon les lois dÕIsral de lÕpoque, un parent proche qui assurera une descendance pour ses frres.)
Les deux, Orpa et Ruth, disent quÕelles veulent rester. Mais Nomi insiste. Orpa la quitte. Mais RuthÉ Ah, Ruth, elle dit Nomi :
1.16 : Ruth dit : Ne me pousse pas te quitter, me dtourner de tes pas ! O tu iras, j'irai ; o tu demeureras, je demeurerai, ton peuple est mon peuple, et ton Dieu est mon Dieu, 17 o tu mourras, je mourrai et j'y serai ensevelie. Que l'ternel me fasse ceci et qu'il ajoute cela si ce n'est pas la mort qui me spare de toi.
Ruth choisit un avenir incertain plutt que la scurit de sa propre famille. Elle choisit le Dieu dÕIsral (YHWH) plutt que le Dieu des Moabites (Chemosh). Dans le moment le plus noir, sa fidlit brille.
En tout cas, vous vous dites, Į Nomi a toujours sa
religion. Elle a toujours son Dieu Č. Mais, Nomi a-t-elle t bnie dans
le pays de Moab ? NON. Quand elle entre dans les portes de Bethlhem, elle
dit aux femmes de la ville de ne plus lÕappeler Nomi (ma douceur), mais de
lÕappeler MARA. Amre.
1.20 : Elle leur dit : Ne m'appelez pas Nomi ; appelez-moi Mara, car le Tout-Puissant m'a rendu (la vie) bien amre ! 21 Comble j'tais partie ; vide l'ternel me ramne. Pourquoi m'appelez-vous Nomi ? L'ternel a tmoign contre moi, le Tout-Puissant m'a fait du mal.
Le pire est quÕelle ne ment pas. Il semble que Dieu lui a tout enlevÉ QuÕil lui a rendu la vie amre. Que sa confiance a t mise dans un dieu peu sr.
Maintenant, dans lÕhistoire, lÕesprance va rapparatre grce
la vertu de Ruth et la bont de Booz.
Il sera connu comme le rdempteur ou lÕacheteur.
La situation et le caractre de Booz :
2.1 : Nomi avait un parent de son mari. C'tait un homme puissant et riche de la famille d'limlek et qui se nommait Booz. 2 Ruth la Moabite dit Nomi : Je vais aller aux champs pour glaner des pis derrire celui dont j'obtiendrai la faveur. Elle lui dit : Va, ma fille. 3 Elle partit et s'en vint glaner dans un champ derrire les moissonneurs. Il se trouva que la pice de terre appartenait Booz qui tait de la famille d'limlek.
4 Voici que Booz vint de Bethlhem et dit aux moissonneurs : Que l'ternel soit avec vous ! Ils lui rpondirent : Que l'ternel te bnisse !
LÕcrivain souligne la justice et le respect de Dieu chez Booz. Avez-vous eu un chef qui vous saluiait de cette faon son arrive au travail ?
Plus tard, ce mme jour, Ruth rencontre Booz et lui demande
pourquoi il est si bienveillant envers elle, une trangre :
2.11 : Booz lui rpondit : On m'a racont (en dtail) tout ce que tu as fait pour ta belle-mre depuis la mort de ton mari et comment tu as abandonn ton pre, ta mre et ton pays natal pour aller vers un peuple que tu ne connaissais pas auparavant. 12 Que l'ternel te rende ce que tu as fait ! Que ta rcompense soit complte de la part de l'ternel, le Dieu d'Isral, sous les ailes de qui tu es venue te rfugier.
Grce la gnrosit de Booz et le travail constant de Ruth, elle revient la maison avec 22 litres dÕorge, nous entendons la reconnaissance de Nomi (Mara) :
2.20 : Nomi dit sa belle-fille : Qu'il soit bni de l'ternel qui n'abandonne pas sa bienveillance envers les vivants et les morts ! Cet homme est notre proche (parent), lui dit (encore) Nomi, il est de ceux qui ont envers nous devoir de rachat.
JÕentends un peu dÕesprance dans sa voix. Et vous ? Mara a de la peine rester amre devant la bont de Dieu. Ou peut-tre a-t-elle simplement un cĪur reconnaissant pour les Į petites choses Č dans la vie.
La suite de lÕhistoire se trouve aux chapitres 3 et 4, vous
pouvez la lire. Ruth, en suivant le conseil de Nomi, attrape son homme. CÕest
une bonne fin dÕhistoire au got amricain (un vrai Į happy end Č).
March conclu, le mariage est arrang, et Booz devient le
rdempteur de la famille. Pour le comprendre un peu mieux, car cÕest trs
trange nos oreilles, lisons Dt 25.5-10 :
Dt 25.5 : Lorsque des frres habiteront ensemble, si l'un d'entre eux meurt sans laisser de fils, la femme du dfunt ne se mariera pas au dehors avec un tranger, mais son beau-frre ira vers elle, la prendra pour femme et l'pousera comme beau-frre. 6 Le premier-n qu'elle enfantera portera le nom du frre dfunt, afin que ce nom ne soit pas effac d'Isral. 7 Si cet homme ne veut pas prendre sa belle-soeur, sa belle-soeur montera la porte vers les anciens et dira : Mon beau-frre refuse de relever en Isral le nom de son frre, il ne veut pas m'pouser comme beau-frre. 8 Les anciens de la ville l'appelleront et lui parleront. S'il persiste et dit : Je ne veux pas la prendre, 9 alors sa belle-soeur s'approchera de lui en prsence des anciens, lui tera sa sandale du pied et lui crachera au visage. Elle fera une dclaration en ces termes : Ainsi sera fait l'homme qui ne veut pas difier la maison de son frre. 10 Et le nom dont on l'appellera en Isral sera : la maison du dchauss.
(Mme si Booz nÕest pas le beau-frre de Ruth, il devient le rdempteur de Ruth et de Nomi. Peut-tre existait-il dÕautres lois dont nous nÕavons pas connaissance.) Pour rassurer la veuve, pour ne pas perdre la trace des familles en Isral, Dieu avait prvu des mariages lvirats. De cette manire, une famille ne devait jamais perdre esprance. Car lÕesprance ne vient pas simplement du rdempteur, mais aussi de sa descendance.
Rt 4.13 : Booz prit Ruth qui devint sa femme, et il alla vers elle. L'ternel permit Ruth de concevoir, et elle enfanta un fils. 14 Les femmes dirent Nomi : Bni soit l'ternel qui ne t'a pas laiss manquer aujourd'hui d'un rdempteur dont le nom sera clbr en Isral. 15 Il te fait revenir la vie et soutient ta vieillesse ; car ta belle-fille qui t'aime l'a enfant, elle qui vaut mieux pour toi que sept fils. 16 Nomi prit l'enfant et le mit sur son sein et ce fut elle qui l'leva.
Vous avez vu ? Une descendance est assure. Mais lÕesprance aussi. Non seulement de Nomi, mais de toute la nation dÕIsral.
17 Les voisines lui donnrent un nom en disant : Un fils est n Nomi ! Elles l'appelrent du nom d'Obed. C'est lui le pre d'Isa, pre de David.
Nous remarquons quÕ travers la souffrance, la tristesse et le deuil, lÕamertume et la dception, Dieu a donn une esprance durable.
JÕai dit que cÕest pour Isral, mais cÕest pour plus quÕIsral, car nous saisissons comme notre esprance le Fils de David, Jsus, notre esprance ternelle.
Toute cette histoire est pour assurer une descendance pour
Mahln, nÕest-ce pas ? Mais lÕcrivain de Ruth trace la ligne dÕObed par
la famille de Booz. Pourquoi ?
4.18 : Voici les descendants de Prets : Prets engendra Hetsrn ; 19 Hetsrn engendra Ram ; Ram engendra Amminadab ; 20 Amminadab engendra Nahchn ; Nahchn engendra Salma ; 21 Salmn engendra Booz ; Booz engendra Obed ; 22 Obed engendra Isa ; Isa engendra David.
DÕune manire trs subtile, lÕcrivain situe lÕesprance dans la puissance de Dieu et NON dans la bont des hommes.
Prets est lÕun des jumeaux ns Tamar. Le pre de Prets est Juda, lÕun des fils de Jacob. Le hic, et cÕest un grand hic, est que Juda tait aussi le beau-pre de Tamar. Voyez, Juda a refus de Į racheter Č Tamar en lui donnant son dernier fils (le mari de Tamar, Er, est mort, et le frre aussi, Onn).
Tamar sÕest dguise en prostitue et Juda a couch avec elle.
Elle a donn naissance Prets. Je sais que cÕest tordu, mais restez avec moi
deux minutes encore. La gnalogie passe par Booz et sÕarrte Prets.
Pourquoi Prets ? Pourquoi pas quelquÕun de plus connu comme Juda, Jacob,
ou mme Abraham ? CÕest pour nous enseigner.
Dieu est celui qui donne lÕesprance. CÕest lui qui fait tout
pour que son dessein se ralise. Il lÕavait fait sept gnrations avant Booz
par la naissance dÕun fils nomm Prets, dans la prostitution et la ngligence
du devoir. Dieu tait lÕĪuvre pour accomplir son dessein et pour donner une
esprance ternelle sa cration.
LÕhistoire de Nomi nous montre que lÕesprance ne peut pas tre
place dans une vie matrielle meilleure, ni dans les relations les plus
profondes, mais seulement en Dieu, celui qui a envoy son Fils pour nous
sauver.
Rm 1.3 : [Cet vangile] concerne son Fils, n de la descendance de David selon la chair, 4 et dclar Fils de Dieu avec puissance selon l'Esprit de saintet, par sa rsurrection d'entre les mortsÉ
Nous mettons notre esprance dans le descendant de David, le
ressuscit dÕentre les morts.